Les 5 blessures d’âmes

Auteure de livres à succès, la conférencière et thérapeute Lise Bourbeau déclare que tout problème physique, émotionnel et mental proviendrait de cinq blessures principales : la trahison, le rejet, l’abandon, l’humiliation et l’injustice.
Afin d’éviter la souffrance attachée à ces blessures originelles, nous nous créerions des masques qui nous permettraient de prétendre que nous ne sommes pas blessés par ces dites blessures. Lise Bourbeau a ainsi dressé un portrait de ces masques, chacun correspondant à une blessure spécifique.
Cependant, si ces masques nous ont permis de survivre et de nous adapter, enfant, à notre environnement, ces masques seraient aussi des obstacles à notre épanouissement personnel. « Lorsque nous portons ces masques, nous ne sommes plus nous-mêmes », nous dit Lise Bourbeau. Nous finissons souvent par croire que ces masques empruntés sont partie intégrante de notre personnalité alors qu’ils ne sont, en fait, que des moyens mis en place pour nous protéger d’une souffrance que nous pensons, à tort, ne pas pouvoir supporter. S’ils sont une protection, pourquoi les abandonner ? Car, en plus d’empêcher d’être soi-même, ces masques seraient également le moyen le plus sûr d’entretenir nos blessures originelles.

Masque de survie ou masque de souffrance ?

Enfant, lorsque nous avons osé être nous-mêmes, agir comme bon nous semblait, nous avons vite compris que cela dérangeait le monde environnant. Nous en avons déduit qu’être soi n’était pas bien. C’est ainsi que nous nous sommes créés une nouvelle personnalité pour pouvoir, non seulement survivre, mais également être acceptés, voire aimés.
Selon l’auteure Lise Bourbeau, la mise en place d’un masque suit quatre étapes :
– La première étape est celle où nous découvrons la joie d’être soi et de pouvoir agir.
– La deuxième étape correspond à la douleur ressentie lorsque nous nous apercevons que nous n’avons pas le droit d’être nous-mêmes..
– La troisième étape est celle de la crise, de la révolte et de la colère ressentie face à notre impossibilité de nous exprimer. (certaines personnes demeurent d’ailleurs enlisées toute leur vie à la troisième étape, c’est-à-dire un état de réaction continuelle).
– La quatrième étape est celle de la résignation et surtout de l’adaptation. Afin de réduire la douleur que l’enfant ressent, il fait le choix de se résigner et devient ce que les autres veulent qu’il soit ( performant, singe savant, séducteur, bouc émissaire, dépourvu d’émotion, enfant objet, etc.) Sa nouvelle personnalité (masque) est née.

Cependant, à chaque masque correspond une trahison de soi. Car si ces masques nous aident à prétendre ne pas être affectés, la blessure originelle, quant à elle, est toujours présente, malgré notre bonne volonté à l’enfouir au plus profond de notre inconscient.

Reconnaître ses masques

Bien que notre ego fasse tout ce qu’il peut pour ne pas nous laisser voir nos plus grandes blessures, tant que la blessure n’est pas guérie, écrit Lise Bourbeau, elle se manifeste très facilement. Car si l’adulte cherche, le plus souvent, un coupable à l’origine de sa souffrance, selon Bourbeau, « ce n’est pas ce que l’on vit qui fait souffrir, mais bien la réaction à ce que l’on vit, à cause de blessures non guéries. »
En plus d’être attiré par des personnes porteuses des mêmes blessures que soi, l’importance de nos masques, son épaisseur, serait à mettre en rapport avec le degré de la souffrance ressentie. Ainsi, plus nous avons souffert d’une blessure, plus le masque serait conséquent.
D’après Bourbeau, ces masques ne seraient pas seulement d’ordre comportemental et affectif, la personne souffrant d’une blessure développerait un corps spécifique. Il serait d’ailleurs plus facile, selon l’auteure, de reconnaître la blessure grâce à l’aspect physique que par l’aspect mental et émotionnel.
Si une blessure peut être dominante chez soi, il est plus rare d’en remplir toutes les caractéristiques et il serait assez courant qu’une personne soit touchée par plusieurs blessures. Notre développement corporel correspondrait, quant à lui, à la blessure la plus importante, bien qu’il soit possible, d’après l’auteure, de développer plusieurs facettes physiques de plusieurs blessures.

Lise Bourbeau souligne l’importance de porter son attention sur son ressenti plutôt que les mots et caractéristiques pour reconnaître la blessure qui nous touche le plus. Car, comme l’écrit l’auteure, nous pouvons par exemple expérimenter une situation de rejet et la vivre comme une trahison.
Voici donc un portrait de ces cinq masques correspondant à chaque blessure :
– La Trahison
– Le Rejet
– L’Abandon
– L’Humiliation
– L’Injustice


Trahison

Trahir, c’est cesser d’être fidèle à quelqu’un ou à une cause, c’est aussi abandonner ou livrer quelqu’un. Selon Lise Bourbeau, la blessure de rejet est vécue avec le parent du sexe opposé et se met en place avec le Complexe d’œdipe. La trahison est ressentie en situation d’inceste, de l’arrivée d’un autre enfant, mais aussi en cas de trahison dans le couple parental ou toute autre promesse faite à l’enfant dont l’engagement n’a pas été tenu.
Cette blessure témoigne d’un trop grand attachement au parent de sexe opposé et d’un Complexe d’oedipe non résolu. Elle est la résultante d’une relation avec un parent égocentré se jouant de la séduction, faisant croire à l’enfant qu’il a besoin de lui. L’enfant voudra ou croira être spécial pour l’autre, ce qu’il va ensuite continuer à chercher ou croire dans ses relations amoureuses. Ce qui maintiendra son leurre et lui permettra d’entretenir sa blessure de trahison en se trahissant lui-même.
Afin d’éviter sa blessure, l’enfant va se créer un masque, celui du CONTROLANT.

Physique du CONTROLANT

Le corps du contrôlant est un corps qui exhibe la force. Larges épaules et torses bombés chez les hommes, cette force est plutôt concentrée au niveau des hanches, des fesses, du ventre et des cuisses chez les femmes. Le corps des femmes revêtant le masque du contrôlant se caractérise par des hanches plus larges que les épaules. Le contrôlant possède un regard intense et séducteur. Son regard lui sert autant à intimider l’autre, afin de le garder à distance, qu’à le séduire.

Personnalité du CONTROLANT

Les contrôlants sont, dans l’ensemble, des personnes qui prennent leur place et sont très physiques. On peut souvent observer chez ces personnes un côté « Regardez-moi ! ». Pour le contrôlant, il est important d’arborer force et courage pour masquer leur blessure, leur vulnérabilité.
Tout acte de lâcheté et de paresse est perçu comme une trahison. Il veille à sa réputation de personne forte et de confiance, car elle reflète, selon lui, son besoin de bien respecter ses engagements, d’être fidèle et responsable. Car bien qu’il lui soit quasiment impossible de faire vraiment confiance à l’autre, il ne peut supporter que les autres ne lui fassent pas confiance.
Le contrôlant fait donc tout pour être responsable, fort, spécial et important. Car c’est sa façon de satisfaire son ego et surtout de ne pas affronter le fait qu’il se trahit lui-même.
Le contrôlant est doté d’une forte personnalité et affirme sans mal son point de vue, qu’il cherche à imposer aux autres. Rapide dans ses actions, travailleur, il peut se montrer agressif, impatient et colérique à qui ne répond pas à ses attentes.
Son besoin de tout contrôler le pousse à diriger les autres, quitte à avoir recours à la séduction pour parvenir à ses fins. C’est pourquoi il lui est si difficile de parvenir au lâcher-prise et à déléguer. C’est aussi la raison pour laquelle il a tendance à tout prévoir dans son avenir.

Le mode relationnel du CONTROLANT

Le contrôlant est celui qui a le plus d’attente envers les autres, dû à son besoin de tout prévoir et de tout contrôler, et ce, dans le dessein de vérifier qu’ils ne vont pas le trahir. C’est pourquoi il a aussi tendance à éviter les situations de confrontation où il n’aurait pas le contrôle.
Bien qu’il ne supporte pas le mensonge, il lui arrive fréquemment de déformer lui-même la vérité (ce qu’il ne considère pas comme un mensonge d’ailleurs ! ).
Sa blessure est surtout vécue dans sa sphère amoureuse et sexuelle. Il a peur de l’engagement car, se voulant responsable et fort, tout engagement signifie pour lui une interdiction de retrait, en plus de sa peur de se faire avoir de nouveau.
Résistant à se confier aux autres, il a tendance à se mêler de tout, se croyant facilement plus fort que les autres. S’il prend les autres en charge, sous couvert d’une aide, c’est avant tout pour avoir le contrôle.

Ses peurs

Sa plus grande peur est la dissociation, qui serait, pour lui, synonyme de rupture. Selon Bourbeau, la blessure de trahison s’accompagne souvent de la blessure d’abandon.

Les obstacles à sa guérison

L’ego du contrôlant lui fait croire qu’il ne ment jamais, qu’il garde toujours sa parole et que personne ne lui fait peur. Mais c’est aussi ainsi qu’il alimente sa blessure. En se mentant, en se faisant croire des choses fausses et en ne tenant pas ses engagements vis-à-vis de lui-même. Il entretient aussi sa blessure en refusant l’aide des autres à qui il ne peut accorder sa confiance.

Derrière le masque se cache

Une personne rassurante et protectrice, capable de prise de décision rapide et de déléguer. Sociable, elle est aussi une excellente comédienne ainsi qu’une excellente oratrice.


Rejet

Rejeter, c’est repousser quelqu’un, ne pas vouloir l’avoir à ses côtés ou dans sa vie. La blessure de rejet est très profonde et se met en place très tôt dans la vie de l’enfant. Elle touche, non seulement l’être en profondeur, mais aussi dans son droit d’exister. Selon Lise Bourbeau, la blessure de rejet est vécue avec le parent du même sexe.
Dan son livre, Lise Bourbeau précise que « le parent du même sexe a pour rôle de nous apprendre à aimer, à nous aimer et à donner de l’amour. Le parent du sexe opposé nous apprend à nous laisser aimer et à recevoir de l’amour. » En réponse à ce rejet, la personne finit souvent par rejeter le parent qui lui inflige cette blessure. Malheureusement, à travers ce parent, c’est lui-même qu’il rejette.
Afin d’éviter sa blessure, l’enfant va se créer un masque, celui du FUYANT.

Physique du FUYANT

Au travers d’un corps qui semble vouloir disparaître, le fuyant exprime sa volonté de ne pas être trop présent, trop visible dans le groupe. Son non-droit à l’existence se révèle dans un corps pas totalement incarné. Souvent, il lui manque un morceau (les fesses, les seins, le menton, etc.)
Avec un corps mince, étroit et contracté vers l’avant, le corps fuyant exprime son besoin de se replier sur lui-même. Ses yeux sont souvent emplis de peur. Il développe souvent des problèmes de peau. La peau étant la première zone de contact, le fuyant s’assure ainsi de ne pas être touché.
Le fuyant peut être sujet à l’anorexie. Il se nourrit de petites portions et préfère les mets sucrés.

Personnalité du FUYANT

Le fuyant aura tendance à fuir dans son monde ou dans la lune. Il a une fantasmagorie très prolifique. Il pense ne pas être assez important pour avoir le droit à une place, il aura aussi tendance à se croire nul, sans valeur. Une des caractéristiques du fuyant est d’ailleurs le fait de se dévaloriser sans cesse. Il a l’impression d’être en morceaux, de ne pas être branché sur la Terre. Il préfère ne pas s’attacher aux choses pour pouvoir mieux fuir. La fuite est d’ailleurs le moyen de défense privilégié par le fuyant. Il recherche la solitude, non par préférence, mais par crainte de ne pas savoir que faire des attentions qu’il recevrait. Car en face d’attentions, il craint de perdre tous ses moyens. Paradoxalement, il se crée des situations pour prouver qu’il existe et pour revivre sa blessure de rejet.

Le mode relationnel du FUYANT

Le fuyant a du mal à croire qu’un autre puisse l’aimer. Le fuyant demeure dans le besoin de l’amour du parent du même sexe. Il croit ne pas être un individu complet sans cet amour non conquis. Le fuyant pense devoir subir des situations désagréables et surtout qu’il n’a pas le droit de riposter. De toute façon, il est certain de ne pas être assez important pour pouvoir faire une demande à l’autre.
Ses relations intimes sont le théâtre de grandes phases d’amour suivi de phases de haine profonde. Le fuyant est d’ailleurs le masque le plus enclin à la rancune.

Ses peurs

Sa plus grande peur est la panique et de se trouver figé sur place. Le fuyant a aussi peur du jugement, car synonyme de rejet selon lui. En plus de sa peur de prendre trop de place, de gêner les autres, le fuyant est aussi pétrifié par le fait de commettre une erreur. Afin d’éviter cette peur, il aura tendance à être perfectionniste.

Les obstacles à sa guérison

L’ego du fuyant lui fait croire qu’il s’occupe bien de lui et des autres, ce faisant il évite ainsi de reconnaître les rejets ressentis. Le fuyant alimente sa blessure à chaque fois qu’il se dévalorise, qu’il s’accuse de ne faire aucune différence dans la vie des autres.

Derrière le masque se cache

Une personne débrouillarde, dotée d’une bonne capacité de créer, d’inventer et d’imaginer. Une personne efficace et attentionnée aux détails, apte à réagir et à faire ce qu’il faut lorsqu’une situation l’exige. Elle possède une aptitude particulière à travailler seule et être autonome. C’est aussi une personne qui a la capacité de se retirer et être heureuse seule.


Abandon

Abandonner, c’est quitter, laisser, ne pas vouloir s’en occuper. Selon Lise Bourbeau, la blessure d’abandon est vécue avec le parent du sexe opposé. Ce parent peut être physiquement présent, mais affectivement et moralement absent de la vie de l’enfant. Cette blessure peut être la résultante de l’incapacité du parent à remplir ses responsabilités parentales. Peu importe les circonstances, celui qui souffre de la blessure d’abandon ne s’est pas senti suffisamment nourri affectivement.
Lise Bourbeau met en avant la difficulté de distinguer la blessure de rejet de celle d’abandon.
Afin d’éviter sa blessure, l’enfant va se créer un masque, celui du DEPENDANT. L’auteure rappelle qu’il est important de distinguer le masque du dépendant de la dépendance affective. On peut très bien, en effet, souffrir de dépendance affective mais ne pas revêtir le masque de la blessure d’abandon.

Physique du DEPENDANT

Le dépendant a un corps long et mince qui donne une impression d’affaissement, dû à un système musculaire sous-développé. Et ne semble pas savoir que faire de ses longs bras. Il a de grands yeux tristes qui semblent vouloir attirer l’autre.
Le dépendant peut aussi utiliser la sexualité, non pour y éprouver du plaisir, mais comme moyen pour accrocher l’autre.
Au niveau de l’alimentation, le dépendant peut être sujet à la boulimie, car il pense ne jamais en avoir assez.

Personnalité du DEPENDANT

La principale caractéristique du dépendant est sa croyance qu’il ne peut arriver à rien tout seul et qu’il a besoin de quelqu’un d’autre pour tenir debout, pour le supporter dans la plupart de ses actions. Au travers de son masque, on peut y distinguer le petit enfant insécurisé qui a besoin d’aide.
De tous les masques, le dépendant est celui le plus à même de devenir victime.
Prêt à tout pour ne pas perdre l’autre, il est capable d’endurer des situations extrêmement difficiles plutôt que de rompre. Pour ce faire, le dépendant a souvent recours au déni de sa situation, en proclamant à qui veut l’entendre que tout va bien, plutôt que d’affronter son problème et prendre le risque, selon lui, d’être abandonné. Plus une personne cultive les situations de victimes, plus sa blessure d’abandon est grande.
Il lui arrive aussi de trop dramatiser des situations qui lui arrivent, recherchant grâce à son statut de victime l’attention qui lui manque tant. Une autre façon pour le dépendant de recevoir de l’attention est de revêtir les habits du Sauveur.
Le dépendant peut paraître comme une personne ayant des difficultés à se décider. Pourtant, cela ne relève pas de sa difficulté à faire un choix, mais repose sur son besoin de se sentir soutenu dans ses décisions. D’où sa propension à demander conseil sans jamais les suivre, car ce qui est véritablement recherché est le soutien.
Son besoin d’attention peut le pousser à occuper un poste, où il peut avoir accès à un large public, afin de combler son besoin de contacts et d’attentions.

Le mode relationnel du DEPENDANT

Le dépendant fusionne facilement. Il pense que seul l’amour des autres peut lui permettre de tenir debout. Il a besoin de se sentir important et considéré, c’est pour cela qu’il a souvent recours au rôle du Sauveur ou celui de la victime.
Sa recherche d’une présence constante d’un autre est aussi pour lui un moyen d’éviter de ressentir la tristesse qui l’habite, au plus profond de lui, sans parvenir à la comprendre. Pour ne jamais la laisser monter en lui, il se « gave » de contacts et d’interactions.
Par peur de ressentir de nouveau sa blessure d’abandon, le dépendant préfère ne pas s’ouvrir pour recevoir ou accepter l’amour d’un autre, car ce qui lui a tant manqué et fait souffrir pourrait de nouveau lui être retiré. Ce faisant, il sabote son propre bonheur.
Le dépendant préfère ne pas formuler de demandes, car leur refus serait vécu comme un abandon.

Ses peurs

Sa plus grande peur est la solitude. Le dépendant développe toutes sortes de stratégies pour ne jamais se confronter à sa blessure d’abandon (acceptation sans limites de situations abusives, rôle de sauveur, dramatisation de sa situation, etc.). Tout est bon pour attirer l’attention et, surtout, ne pas se retrouver seul, ce qui provoquerait irrémédiablement le réveil de ses souffrances les plus profondes.

Les obstacles à sa guérison

L’ego du dépendant le laisse croire à son indépendance. D’ailleurs, il est d’usage d’entendre le dépendant dire ô combien, il se sent bien seul et n’a besoin de personne.
Le dépendant nourrit sa blessure à chaque fois qu’il abandonne un projet qui lui tenait à cœur, qu’il se laisse tomber et qu’il ne s’occupe pas de lui-même.

Il peut faire peur aux autres en s’accrochant trop à eux et s’arrange ainsi pour les perdre et se retrouver à nouveau seul. Le dépendant peut aller jusqu’à faire souffrir son corps et se créer des maladies (qui peuvent être physiologiquement réelles) afin d’attirer l’attention.

Derrière le masque se cache

Une personne tenace, persévérante dans ses demandes, naturellement gaie et sociable. Elle peut s’avérer être douée pour la comédie et venir en aide aux autres. Elle possède souvent des talents artistiques.


Humiliation

Humilier, c’est l’action d’abaisser l’autre. Selon Lise Bourbeau, la blessure d’humiliation se produit lorsque l’enfant sent qu’un parent a honte de lui ou a peur que celui-ci ne fasse une faute. Cette blessure peut aussi s’installer lorsque l’enfant se sent très contrôlé par le parent, qu’il sent qu’il n’a pas la liberté d’agir ou de bouger. Peu importe les circonstances, la blessure d’humiliation s’installe et à chaque nouveau coup, la blessure prend de l’ampleur.
Afin d’éviter sa blessure, l’enfant va se créer un masque, celui du MASOCHISTE. D’après l’auteure Bourbeau, la personnalité du masochiste subirait une très forte influence de la mère qui exercerait une grande emprise sur lui. Comme avec chaque blessure, le masochiste s’évertuera à revivre sa blessure en recherchant les situations de douleur et d’humiliation et ce, la plupart du temps, de façon inconsciente.

Physique du MASOCHISTE

Le masochiste développe un gros corps. « Plus c’est gros, plus la blessure est importante », écrit Lise Bourbeau. Seule sa rigidité lui permet de contrôler son poids. Des comportements extrémistes au niveau de l’alimentation ne sont pas rares chez le masochiste. Enclin à privilégier les excès, il est souvent dans le trop peu ou le gargantuesque.
En ce qui concerne sa sexualité, le masochiste connaît un épanouissement difficile, dû à la honte qu’il éprouve devant ses fantasmes et ses désirs.

Personnalité du MASOCHISTE

Le masochiste se sent malpropre, sans cœur, pensant valoir moins que les autres. Hypersensible, il se croit volontiers responsable du malheur des autres. Paradoxalement, il ne peut concevoir que les autres le considèrent comme une personne spéciale et importante. En se blâmant pour tout et tout le monde, il a le sentiment d’être bon.
Culpabilité, impuissance, le masochiste éprouve aussi un profond sentiment de dégoût de lui-même et des autres. Ce dégoût le pousse à vouloir être digne à tout prix. D’où l’importance qu’il accorde au paraître. Toute situation d’abandon ou de rejet est vécue par le masochiste comme une humiliation.
Épris de liberté, le masochiste la craint pourtant au plus au point, car la liberté est, selon lui, exempte de toute limite. Alors, pour ne pas tomber dans les excès qui lui occasionneraient un sentiment de honte, le masochiste s’arrange pour ne jamais être libre. Le masochiste cultive, à la place, obligations et contraintes.
Le masochiste éprouve beaucoup de difficultés à exprimer ses besoins et ses désirs, car ces derniers peuvent être source de honte. La honte est d’ailleurs une émotion qu’il connaît très bien.

Le mode relationnel du MASOCHISTE

La première caractéristique du masochiste dans sa vie relationnelle est sa volonté d’occuper une place importante dans la vie des autres. Il aime se sentir indispensable, car c’est sa seule façon d’éprouver un sentiment de valeur personnelle.
Le masochiste peut paraître pour les autres comme une personne très contrôlante. Contrôle de la propreté et de l’apparence de son entourage sont ses domaines de prédilection. Or, loin d’une volonté d’emprise ou de pouvoir sur l’autre, le masochiste est surtout motivé par la peur d’avoir honte de ses proches.
Le masochiste peut sembler vouloir tout faire pour les autres. Loin d’un véritable altruisme, le masochiste est surtout animé par le désir de se créer obligations et contraintes. Servir l’autre lui permet aussi de se sentir reconnu. La masochiste développe volontiers le syndrome du Sauveur, dans le but de faire sentir aux autres ô combien il leur est indispensable.

Ses peurs

Sa plus grande peur est la liberté. Le masochiste développe aussi toutes sortes de mécanismes pour ne pas être confronté à l’immense sentiment de honte et de dégoût qui l’anime.

Les obstacles à sa guérison

L’ego du masochiste lui laisse croire que tout ce qu’il accomplit pour les autres lui procure beaucoup de plaisir et qu’il est à l’écoute de ses besoins. Le masochiste cultive souvent le déni afin de pouvoir continuer à se dire que tout va bien. Tout est bon pour s’éviter sa blessure d’humiliation, y compris, trouver des excuses à ceux qui l’ont humilié.

Il alimente sa blessure à chaque fois qu’il se rabaisse, se compare aux autres, qu’il s’accuse à tort ou en prenant à son compte la responsabilité des autres.
Le masochiste évite la guérison en compensant sa blessure par le faire et l’avoir.

Derrière le masque se cache

Une personne qui connaît ses besoins et les respecte. Une personnalité joviale, généreuse et serviable, aux talents d’organisatrice et de médiatrice. Une personne sensible aux besoins des autres, qui sait se faire plaisir et cultive la sensualité.


Injustice

Pour définir l’injustice, il est essentiel de se référer à son contraire, la justice. La justice se définit comme l’appréciation, la reconnaissance et le respect des droits et du mérite de chacun. À contrario donc, celui qui souffre de la blessure d’injustice est celui qui ne se sent pas apprécié à sa juste valeur, qui ne se sent pas respecter ou qui ne croit pas recevoir ce qu’il mérite. Selon Lise Bourbeau, la blessure de rejet est vécue avec le parent du même sexe. L’enfant souffre de la froideur telle qu’il la perçoit chez son parent. Il souffre également de son autoritarisme, de ses critiques, de son intolérance et de son conformisme.
Trouvant injuste de ne pas pouvoir être lui-même et de s’exprimer, la personne finit par se couper de son ressenti afin de s’épargner la souffrance de cette blessure.
L’enfant va, peu à peu, se créer un masque, celui du RIGIDE.

Physique du RIGIDE

Le corps du rigide est un corps droit, raide, bien proportionné. Son désir de perfection le pousse à vouloir un corps le plus parfait possible.
Ses gestes sont aussi rigides, sans grande flexibilité. On peut le reconnaître grâce à sa peau claire, un regard brillant, une mâchoire serrée et un cou raide.
Bien qu’il vive souvent du stress, le rigide est rarement malade. Non qu’il n’ait aucun symptôme, mais le rigide est très exigeant avec son corps, et en respecte rarement les limites.
Sa rigidité se retrouve aussi dans sa sexualité, où il éprouve beaucoup de difficultés à se laisser aller, à ressentir du plaisir et à exprimer sa tendresse. Pourtant, le rigide apprécie particulièrement les tenues sexy.
Une alimentation salée est préférée aux aliments sucrés.

Personnalité du RIGIDE

Le rigide, bien qu’il paraisse le contraire, est un être d’une extrême sensibilité qui a développé la capacité de ne pas la ressentir. C’est pourquoi, ces personnes peuvent paraître froides et insensibles. Le rigide se caractérise par son besoin de rechercher la justice et ce qui lui paraît juste (sans avoir conscience que ses valeurs et critères sont les siens et ne sont pas universels). Selon lui, la justice s’incarne dans la perfection. Il se reconnaît par l’importance qu’il accorde au bien et au mal, au correct et à l’incorrect. Le bien, le juste, le correct peuvent devenir le but de sa vie.
C’est pour cette raison que le rigide peut paraître contrôlant. Pourtant, loin de vouloir contrôler les autres, il veut surtout s’assurer que justice soit faite pour tout le monde.
Attiré par tout ce qui est noble, il peut facilement être impressionné par un statut social ou une place d’honneur.
Le rigide est certain d’être plus apprécié pour ce qu’il fait que ce qu’il est. Ce qui explique aussi son esprit perfectionniste et compétitif, mais aussi les doutes qu’il ressent face à ses choix. Il confond aisément discipline et rigidité. Alors que la discipline permet d’atteindre un but précis, le rigide s’attache surtout aux moyens employés pour atteindre ce but.
Le rigide éprouve le besoin de se sentir digne de ce qu’il reçoit. Le mérite occupe une place de choix dans sa vie. S’il pense ne pas mériter ce qu’il reçoit, il s’arrange souvent par le perdre.
Le rigide éprouve beaucoup de difficultés à respecter et à connaître ses limites. Son désir de perfection est tel qu’il rechigne souvent à demander de l’aide, ce qui peut l’amener à expérimenter l’épuisement, voire le burn-out. Coincé dans sa politique du mérite, le rigide éprouve toutes les difficultés du monde à se détendre sans se sentir coupable.

Le mode relationnel du RIGIDE

Le rigide évite avant tout d’être affecté par les autres. Lorsqu’il est ému, il le cache. Il préfère avoir recours à la dérision plutôt que de reconnaître sa sensiblerie. Pourtant, en société, le rigide est certainement la personne qui excelle le plus dans le partage. Son désir de justice est tel qu’il veille à ce que tout soit équitablement réparti. Dans son livre, l’auteure Lise Bourbeau cite l’exemple d’un repas de groupe au restaurant, si le contrôlant veut prendre les choses en main lors de l’addition en divisant la note par le nombre d’invités, le rigide, quant à lui, élèvera la voix pour s’assurerait que ceux qui ont moins consommé ne se retrouvent pas à payer plus que ce qu’ils ne doivent !
Le rigide craint beaucoup l’autorité car il a appris petit que celle-ci avait toujours raison.
Le rigide est le plus enclin à ressentir de l’envie. Cependant, son émotion la plus courante est la colère, qu’il ressent le plus souvent envers lui-même lorsqu’il n’a pas vu juste, mais qu’il exprime le plus souvent en s’attaquant aux autres.
Le rigide éprouve beaucoup de difficultés à se laisser aller aux sentiments et à recevoir, ce qui le fait passer, le plus souvent, pour une personne froide et peu affectueuse.

Ses peurs

Sa plus grande peur est la froideur. Le rigide éprouve autant de mal à accepter sa froideur que celle des autres. Le rigide est le plus souvent persuadé d’être un être chaleureux.
Le rigide est aussi animé par la peur de se tromper, ne réalisant pas qu’en se blâmant pour ses erreurs, il fait preuve d’injustice envers lui-même.

Les obstacles à sa guérison

Le rigide se leurre en éprouvant souvent le besoin de dire ô combien, il est juste, que sa vie est sans problème. Il aime croire qu’il a beaucoup d’amis qui l’aiment comme il est. Il entretient sa blessure en étant exigeant avec lui-même, en ne respectant pas ses limites. Il alimente sa blessure à chaque fois qu’il se critique et préfère porter son attention sur les erreurs commises plutôt que sur ses qualités et ses vrais besoins.

Derrière le masque se cache

Une personne ordonnée, soucieuse et très sensible, qui sait faire preuve de discernement. Une personne autonome, enthousiaste et dynamique.


Links

Le texte est tiré d’ici!

Le site de Lise Bourbeau, ici!

En anglais avec dessins explicatifs ici!

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